Lundi 17 décembre 2018

Ces petits lions qui rugissent (Esaïe 29,1-8)


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Dieu semble se distancier du pouvoir religieux. Il se révèle dans l’anonymat d’une montagne, sur les allées de jardin introuvables. Il habite « pèlerin à pied », dans une tente. Ce n’est peut-être pas que de Jérusalem qu’Esaïe parle, la disant « lion de l’Eternel », Ariel, mais des infidélités des hiérarchies religieuses qui se servent de constructions et de mises en scène pour créer des stabilités sédentaires face au Dieu nomade. Dieu semble se distancier de ces fiertés d’apparat que l’on crie, mais qui ne semblent que des murmures où l’on décèle mal l’accent limpide d’une Parole. David et sa famille ont fait de Jérusalem un centre de capitalisation religieuse et économique. Dieu semble se distancier encore. Le Dieu itinérant tisse « et tissera » son fouet pour contester ces cantonnements religieux bien installés sur des lieux qui font du bruit sans ne plus rien dire, qui rugissent sans même faire peur au mal qui domine. Dieu semble se distancier de ces espaces prétentieux, vautrés sur le sédentarisme de la confiance dans les structures, qui ajoutent les bâtiments, les moyens financiers, l’illusion technocrate et la prêtrise du management aux échos sublimes de la foi qui avance sans prétention immobilière ni réclamation territoriale. Ah, nos petits lions qui rugissent et qui devraient plutôt rougir ! Dieu semble se distancier de ces formules qui associent titre, géographie et pouvoir à la grâce qui avance sans même choisir de pierre pour reposer sa tête.

Pedro E.Carrasco

Prière: Aie pitié de mes confiances et certitudes posées sur des bases changeantes, Seigneur. Confirme ta promesse de vie dans mon cœur pèlerin, convoque-moi vers la place ouverte de ta miséricorde, délivre-moi de la paix stérile des mécaniques institutionnelles creuses et des assurances fondées sur la grosseur des murs et l’étroitesse de fenêtres bien fermées.  

Référence biblique : Esaïe 29, 1 - 8

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